En six ans, le rendez-vous a su se faire une place atypique dans le paysage estival périgourdin. A l'écart des festivals de musique classique, des conférences de préhistoire ou encore des prouesses pyrotechniques des vallées, la colline de Peyreblanque, entre Meyrals et Les Eyzies, s'anime désormais chaque année, pour une nuit d'août, sous les feux du Brésil. Samedi soir, à La lumière des étoiles qui brillent pour tous les continents, Térésa et Pierre Marie, de l'association Tupi Arts Vivants se faisaient une nouvelle fois les chefs d'orchestre d'une grande fête. Avant le coucher du soleil, les premiers arrivants se plongeaient aussitôt dans l'ambiance avec un buffet chaud et froid composé de spécialités traditionnelles, au rythme d’une sélection musicale qui trace la diversité d'un peuple aux racines et aux tempos cosmopolites. Par la suite, les concerts se succédaient jusqu'à l'aube pour chauffer le corps et transcender les esprits, comme un défi au climat boréal de cet été périgourdin.

Croupes mythiques. 

Scandée par les « Carnibals », qui faisait vibrer un public fidèle et à chaque fois plus nombreux au rythme de la Batucada Brésilienne, pour introduire le cercle des joueurs de Capoeira (danse et art martial créé par les esclaves africains), la nuit s'avérait comme à l'accoutumée riche en couleurs et en partage. En tête d'affiche, le groupe « Paisagens Afro Brasileiras », formation de dix musiciens, résonnait sous la maestria du guitariste arrangeur brésilien Celso Mendes. Résidant actuellement au Danemark, celui-ci participe depuis de nombreuses années à plusieurs festivals de jazz en France (Francofolies de La Rochelle, arènes de Nîmes), à New York (The New Morning) et ailleurs. En ces occasions il rencontre et joue avec, entre autres. Gal Costa, Ney Matogrosso, Hermeto Pascoal, Nazareth Pereira ou Jeff Gardner. Il a également présenté un concert à Valence en hommage à l'écrivain Jorge Amado avec la chanteuse Marcia Maria.

Mariana De Moares était elle aussi de la fête. Elle est la petite fille de Vinicius De Moraes, poète et musicien, compositeur associé à Tom Jobim, tant chanté par Henri Salvador, Georges Moustaki ou encore Claude Nougaro, et consacré universellement en temps que « père de la bossa nova ». Sur les traces de son grand-père, Mariana chante avec chaleur et douceur les compositions des maîtres de la bossa nova et de la samba.

Associés à la participation chaleureuse des participants, tous deux conféraient à cette 7ème fête brésilienne de grands atouts pour un succès confirmé et une renommée grandissante de l’événement.

Titia Carrizey-Jasick

"Sud Ouest", 12 août 2002

 

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