Quand on pense au Brésil, des images de foot, de samba et de carnaval viennent à l'esprit. Depuis quelques années, la capoeira s'impose également en France comme un des piliers de la culture brésilienne à l'exportation. Cet art martial dévore la France, et la Dordogne ne sera pas en reste puisque l'association Tupi arts vivants propose de s'initier à cette pratique physique et ludique à Sarlat.

Dimanche, un premier stage s'est déroulé à l'hôtel de Gérard avec une vingtaine de participants. « Le but était de créer cette mobilisation aujourd'hui avec un maximum d'informations autour de la capoeira pour démarrer des stages réguliers à Sarlat. Tous les quinze jours ou peut-être tous les week-end », explique Teresa de Lima Torres, la directrice de Tupi, d'origine brésilienne.

 

Tupi est né il y a bientôt dix ans et a élu domicile aux Eyzies. « L'association essaie de mettre en place des manifestations autour de la culture brésilienne, poursuit-elle. La fête brésilienne aux Eyzies en est à sa 7ème édition et commence à être connue ». Cette fête commence effectivement à prendre une ampleur certaine car des centaines de personnes, touristes et locaux, se rendent chaque année aux Eyzies pour danser et déguster des plats typiques. Au-delà de ces rendez-vous avec la culture brésilienne, Tupi organise, crée et produit des événements artistiques dans toute la région. « Notre souhait est de tourner la culture et l'art en un langage populaire accessible à tous », précise Teresa.

 

C'est ainsi que l'association fédère autour d'elle nombre d'intervenants pour créer dans les arts plastiques, le théâtre de rue, la musique ou des projets thématiques.

 

FIGURES ACROBATIQUES

Mais revenons à la capoeira. Née au XVIè siècle, la capoeira a été inventée par des esclaves noirs contraints de quitter l'Afrique pour servir des colons portugais installés au Brésil. Victimes de persécutions, ils n'avaient pas le droit de se défendre ni par les armes ni par la pratique d'un art martial. Ils imaginèrent une ruse : dissimuler derrière des chants et des mouvements de danse africaine traditionnelle un véritable entraînement au combat.

Cet exercice prendra le nom de capoeira, ce qui signifie « brousse », allusion aux champs où les esclaves s'entraînaient. Restée longtemps clandestine, la capoeira est aujourd'hui enseignée à travers le monde entier. Les capoeristes forment un cercle au centre duquel évoluent les deux lutteurs. Sur fond musical, de percussions, de chants, d'encouragements, les deux adversaires ne se quittent pas des yeux et évoluent en rythme, portant des coups, échafaudant des feintes, simulant des attaques, esquivant, exécutant des figures acrobatiques.

 

Cette discipline est particulièrement physique et exige une très grande souplesse. En revanche, les coups ne sont pas portés et entrent dans tout un cérémonial composé de codes. Plusieurs maîtres de capoeira se relaieront pour animer les stages à Sarlat. Chacun apportant par sa personnalité et sa région d'origine, une teinte personnelle à l'exercice de cet art.

 

Pour tous renseignements : Teresa de Lima Torres et Pierre-Marie Devilliers, Peyreblanque, 24260 Les Eyzies, tel et fax : 05.53.06.90.15,

e-mail : tupi@perigord.tm.fr.

 

FRANCK DEL AGE

 

 

"Sud Ouest", 26 février 2002

 

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