Oppression :

Ecraser son prochain.
" Le système nous y oblige afin de ne pas être exclus ".
" Que le meilleur gagne ! ".
L'écrasement des idées des plus jeunes au nom de leur manque d'expérience.
" Chaque stade de son expérience et chaque âge doit être considéré par tous "
.

Violence :

Vu que la première façon, la voie légale, ne m'a rien apporté, je tente l'autre. Je suis dégoûté et puis cela donne des résultats immédiats.
" Comme je n'arrivais pas à me fondre dans la masse, à avoir la bonne image, je me rebellais contre cette image et plus je me rebellais et plus l'image me tapait sur les doigts ".
Déjà, on me respecte car j'ai un flingue. On a de l'argent tout de suite et puis un voyou ou un dealer de plus, cela ne changera pas grand chose : c'est devenu tellement banal, on le voit de plus en plus dans les gestes et les paroles.
On ne veut plus suivre tous ces moutons, on a envie d'être différent et c'est une façon.
En plus, c'est comme ça depuis le début, tous les peuples utilisent la violence pour se faire respecter, donc moi aussi.

 

 

Toxico :

On va aux chiottes et on tombe sur quoi? Un toxico.
Ce n'est plus qu'un cadavre, on voit ses os, face émacié, avec ses yeux vitreux, on se voit dedans comme si on était à sa place .
Putain c'est un lieu public qu'est ce que l'on fait, si on part il va continuer et puis merde c'est pas les petites sťurs des pauvres ici, il n'a qu'à se débrouiller tout seul et en plus il a l'air de prendre son pied, c'est dégueulasse .

 

 

Mendicité :

Pour gagner ma vie quoi ? Faire 10 ans d'études ? Dix ans d'études à chercher ? En faisant la manche, je me faisais jusqu'à 200 F par jour. L'image nourrissait une dépendance.
On refuse la violence mais on a besoin d'argent et on compte sur les autres ou plutôt sur leur gentillesse, leur pitié ou même leur honte de nous voir sans argent, sans domicile alors qu'eux en ont plein.
Maintenant le plus difficile, c'est de même pas être regardé par les gens dans la rue, comme si on n'existait pas, on ne voit jamais leurs yeux, nous ne sommes que des bras tendus qui semblent être des pointes acérées tellement ils essayent de nous éviter.

 

Prostitution :

On a besoin d'argent, toujours plus d'argent et s'il le faut, jusqu'à vendre son corps. Tiens ! Vendre comme dans un supermarché avec le choix : le poids, la provenance et l'âge. 1000F la nuit, cela fait moins de 20F/kg, c'est moins cher qu'un steak.

 

Suicide :

C'est quand on est au bout du couloir de la vie, plus ou moins long selon les personnes. C'est petit, sombre, malsain, tout comme la vie. Quelques secondes de douleurs de plus et c'est fini. C'est un moyen comme les autres de partir. Certains appellent cela une fuite, moi une prise de conscience. On a tout essayé et rien ne marche. Allez ! un effort, il fait noir puis un flash et je ne voit plus qu'une chose sans aucun décor, une corde. Le suicide peut être une solution. Quand on arrive à ce stade, c'est qu'on est fatigué de faire des concessions, de toujours relativiser ; pourquoi devrait-on s'adapter dans un monde que l'on n'a pas construit nous-même?
On a peut-être pas tout essayé pour s'en sortir, ou pour changer les choses. Mais gardez votre morale de survivants
.

 

   

 


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