L'EXPOSITION DÉCRITE PAR LES JEUNES CRÉATEURS

 

Parcours d'un jeune

 

Je suis né entouré de documents de mes partenaires.

Mes premiers pas, je les ai faits en écrasant un jeune homme, de toute façon je n'avais pas le choix, la vie est un combat, si je ne prenais pas le dessus, lui n'aurait pas hésité.

Puis, je marchais dans la rue entre les gens, omnibullé par leurs préoccupations, ce qui me rendait complètement hermétique à leurs vies.

Par contre si je les observais chez eux, tel un espion, à travers les trous dans les murs, je n'étais plus un intrus, j'étais à leur place, moi qui ne m'étais jamais imaginée dans une famille modèle.

Plus j'avance et plus cette foule est nombreuse et m'entraîne dans ces profondeurs :

Moi à l'ANPE, encore moi en pute ou en ce vieux cochon qui la tripote.

Je peux être l'exécuteur ou l'exécuté : flic ou persécuté, à Moi de choisir.

Ces gens m'empêchent de passer et pourtant j'avance et cette fois je vais plus loin pour choisir la fin de mon existence, caché par cette masse populaire aveuglée qui ne voit pas que je suis là, à leurs pieds en train de me suicider de me prendre un shoot, qu'importe c'est la même chose, eux ils en ont rien à foutre, je m'enfuis.

Maintenant je suis face à moi-même, la seule personne que je verrais toujours et qu'est-ce que je dois en penser ?

Je me place où par rapport aux autres ?

Je ne veux plus me poser la question, tant pis je passe à travers mon reflet.

Ce bref élan a permis à quelqu'un de se dépasser, j'ai mon aide gratuite, il est sorti de ses limites, cool Raoul !!

Maintenant ma vie je la choisis, la boussole m'indique de toute façon toutes les directions, soit je m'enferme dans mon cocon, de l'extérieur son aspect est doux et velouté et si attirant mais quand je m'y installe je n'y trouve aucune solution et quand je le touche son enveloppe n'a rien de confortable.

Sinon, je peux aller avec les autres à regarder cet enfoiré de marginal, mais qu'est-ce qu'on s'en fout, il a l'air vraiment trop con, oh merde ! C'était moi qu'ils observaient tout à l'heure.

Il faut que je m'évade quelque part sur cette terre ou alors que je me reprenne la tête en m'asseyant sur cette chaise et l'autre connard derrière moi je refuse de l'écouter.

Bon allez, ce n'est pas parce qu'il louche et qu'il a de la morve au nez qu'on n'a rien à se dire. En plus il me permettrait de voir ce qu'il y a en haut de cette boîte et comme dirait Bernard Werber, 1+1=3, non ?

Bon à part que l'union fait la force, moi je remarque que la force fait le pouvoir.

Il me suffit de tirer les ficelles et le type en face de moi je le manipule, mes gestes ne sont pas encore ses gestes mais quand j'y arriverai, je me ferai le IVème Reich, niac ! niac ! niac ! A Moi le pouvoir ! Je serais dans l'histoire ! A la suite de la frise chronologique, qui est le mur ? !

C'est quoi ça c'est mon fils que j'ensevelis ?

Je devrais peut-être agir parce que là il est submergé par la merde que je lui laisse.

Bon j'en ai marre, je me casse !

Je slalome entre les fils mais j'y arriverai (j'aurais dû passer par le passage pour handicapés, je me serais moins fatigué).

Mais ! C'est des grosses lèvres pulpeuses qui s'offrent à moi !

J'y cours et je plonge dans le plaisir, je le vois partout autour de moi….

 

 

Le collectif des 10 jeunes créateurs, mai 1998.