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NOTRE ACTU

IL FAIT CHAUD, FAIT ATTENTION AU SOLEIL !

QUAND LA MUSIQUE EST BONNE !

TOURNE LA CHANCE

AH ! C'EST DOMMAGE !

LA VIE LA NUIT

HEY ! MOSIEUR L'HOMME ORCHESTRE !

ENTREZ DANS LE RÊVE

ET ON DÉMARRE UNE AUTRE HISTOIRE


DES ESPOIRS ET DÉSESPOIRS !

Le printemps 2019 de Sonorium Francophone était plein de projets réalistes, mais l’été fut en dent de scie, quant à leur réalisation. Nous avions en effet signé des engagements, qui ne furent pas tous respectés par certains cosignataires. Heureusement, restent de très belles réussites à côté de cela ! Pour être philosophes, avec un brin d’humour, nous les présentons ici, de manière plus ou moins chronologique, avec, par épisode, un titre de chanson plus ou moins populaire !

 IL FAIT CHAUD, FAIT ATTENTION AU SOLEIL !

Comment mieux résumer le motif d’annulation de la Soirée Bodégas du 29 juin dernier ? Le refrain de cette chanson de 1989 par Pauline Ester, s’en charge parfaitement ! Souvenez –vous de la canicule de la dernière semaine de juin 2019, les médias qui en rajoutent, le gouvernement et les préfectures qui paniquent, au motif de la sécurité sanitaire des gens ! Sur ce principe de précaution, toutes manifestations sportives, festives ou rassemblant du public étaient annulées par les mairies, sur ordre des préfectures. A Coulounieix-Chamiers, en Dordogne-Périgord, étaient prévus plusieurs événements ce samedi 29 juin 2019 : un regroupement sportif pour jeunes pendant la journée, puis passé 19H00, un spectacle de chorale et la soirée Bodégas. Pour cette dernière, Sonorium Francophone avait une activité sonore et un stand de vente de pâtisseries, faites maison. La seule manifestation qui ne fut ni maintenue, ni aménagée, ni reportée, mais bien annulée, fut la soirée, durant laquelle se côtoyaient jeux basques et stands associatifs de ventes alimentaires.

Pendant cette grosse chaleur de la semaine précédant l’événement du samedi, Claudine de Sonorium préparait, devant son four allumé, ses 9 gâteaux basques et ses pâtes pour les 300 cannelés au chorizo. En effet, la pâtisserie ne se prépare jamais le jour pour lequel on la sert ! Donc, s’affairant devant les fourneaux (avec un petit ventilateur quand-même), la trésorière bénévole de notre association se tenait prête ; le président veillait à ce que les sons à diffuser soient tous au même niveau, se tenant prêt pour animer ce temps festif. Mais, deux jours avant, tombe l’annulation… Pour que le jour J, il fasse quelques degrés de moins ! C’est rageant, mais qu’y peut-on quand tout le monde panique ?

Bilan pour Sonorium Francophone : il n’y a pas de rentrée financière, mais une sortie d’argent pour les ingrédients de cette activité culinaire. En outre, certains pâtons de préparation sont congelés, en vue d’être exploitables pour une prochaine vente sur stand. Heureusement, 4 gâteaux basques et une soixantaine de cannelés, déjà prêts, furent sauvés ! Ils ont fini dans certains estomacs et appréciés par plusieurs palais !

QUAND LA MUSIQUE EST BONNE !

Pardon à Jean-Jacques Goldman et à tous ses fans, car le titre est un peu facile pour aborder l’achat de matériels de son. En effet, en juin et juillet 2019, Sonorium Francophone a fait l’acquisition de  deux enceintes BOSE de sonorisation extérieure, leur pied, leurs câbles électriques et audio, ainsi qu’un duo de microphones HF. Ce lourd investissement (25kg par haut-parleur et 10kg par pied sécurisé) va permettre à notre association de conduire des animations musicales et parlées, lors d’événements locaux. Ainsi, au Marché de Noël Associatif 2019, au Carnaval 2020 ou à la prochaine soirée Bodégas, nous n’emprunterons plus le matériel municipal de sonorisation, trop souvent décrié par les bénévoles aux différents stands. Nos enceintes préamplifiées de 1000 Watts, dont le son peut être réglé de manière indépendante, diffuseront les chansons festives, contrôlées depuis notre ordinateur portable, câblée sur notre petite console de mixage.

Pour bien faire, il nous faut acheter deux enceintes de plus, afin d’avoir une couverture audio quadrangulaire optimale selon les lieux à sonoriser. Malheureusement, le climatiseur de notre studio associatif, acheté il y a trois ans, a lâché et nous l’avons remplacé en urgence par un neuf. Ce contretemps nous fera donc attendre de nouveaux financements.

TOURNE LA CHANCE !

Ainsi s’exclamait le refrain de cette chanson de 1986, enregistrée en face B du 45 tours « Mourir les sirènes » du groupe français Canada. Et c’est vrai, la chance a tourné entre les deux structures associatives, passant de Sonorium Francophone au Club Arverne Handisport, revenant enfin à notre soin !

En début d’année 2019, Sonorium tentait un nouveau mécénat de la Fondation SNCF. Ce fut un refus, puisque nous l’avions obtenu deux fois de suite. En revanche, le club Handisport, basé à  Clermont-Ferrand, reçoit, en juin dernier, l’accord d’un premier mécénat par cette fondation régionale.

Pour ce faire, Elisabeth, la présidente aveugle du club sportif nous sollicitait des conseils pour la mise en forme du dossier. Dans le même temps, elle nous suggérait de présenter notre projet auprès d’un fond d’aide associative. L’échange d’idées nous a conduits au FDVA. Cette subvention est gérée par la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations ; la DDCSPP est l’ancienne Direction de la Jeunesse et des Sports. Ce Fond de développement de la Vie associative permet aux structures locales un financement de fonctionnement sur des projets en faveur des populations spécifiques. Il s’agit donc ici d’une opération d’équipement sonore, en vue de formations futures de déficients visuels pour l’animation festives de quartiers défavorisés.

Au printemps 2019, Sonorium Francophone a déposé un dossier FDVA auprès de la DDCSPP. La réponse positive est discrètement survenue en juillet, sur un site Internet, puis par courrier postal du 28 août. La somme de 1500€ devrait être versée en septembre. Hélas, de son côté, le Club Arverne Handisport n’a pas obtenu de subvention de ce fond pour cette exercice. Comme un refrain qui revient, la chance a tourné, encore !

AH ! C’EST DOMMAGE !

Dans cette chanson de 2017, le duo de rappeurs toulousain Bigflo & Oli ne nous dit pas pour qui c’est dommage :

Est-ce pour la candidate qui a abandonné, avant d’en atteindre la moitié, ce parcours formatif, qu’elle avait voulu ?

Ou est-ce pour les intervenants, qui s’étaient  engagés avec nous dans un bel objectif de formation ?

Ou est-ce pour Sonorium Francophone, car notre association a fait tous les efforts pour mettre en place un an d’activités sonores formatives, tentant vaille que vaille de faire progresser cette stagiaire (finalement peu motivée) ?

Ou est-ce enfin pour le payeur ? Ou alors pour l’association rétribuée pour cette formation, du fait de la perte financière découlant de cet abandon ?

Et dire qu’en mai, sur cette page, nous nous réjouissions de ce parcours formatif tout juste entamé ! Puis, nous abordions des perspectives qui pouvaient s’entrevoir sur l’avenir à court terme, autant pour la stagiaire que pour notre structure ! « Adieu, veau, vache, cochon… » Comme disait La Fontaine ! Non, ce n’est pas Philippe, le chanteur de cœur de loup, ni Brigitte, l’interprète, décalée et un peu fofole, de nombreux disques depuis les années 60, mais bien Jean de La Fontaine, le poète d’un siècle passé ! Pour comprendre notre tristesse, notre amertume et un peu notre colère, il faut remonter aux origines de cette histoire.

En septembre 2018, Dorothée Lombard, la présidente de La Luciole (association marseillaise de non voyants), nous contacte pour obtenir une formation « Apprendre les Techniques du Son ». Elle justifie sa demande par son projet : « Je veux améliorer mon émission mensuelle, que je conduis depuis 15 ans, sans avoir de techniques pour l’animation radio », expose-t-elle. En effet, écoutant Radio Galère et son programme « Handicaps tribune », c’était évident ! Aucune tenue du temps d’antenne (débutant en retard, finissant en avance), elle abordait divers sujets sans rapport avec le concept d’émission. Quant aux thèmes touchant aux handicaps, ils  n’étaient ni maîtrisés, ni communiqués correctement, faisant encore plus de tort à la cause. Quelques exemples de ce remplissage d’antenne parlent d’eux-mêmes : aborder avec des valides des commémorations du 11 novembre, voire l’incendie de la cathédrale, reste sans rapport direct avec son programme consacré aux handicapés ! Voulant valoriser des victoires marseillaises en Torball et en Goalball, elle explique qu’il « n’y a pas qu’en ballon rond qu’on est bon ! » dévalorisant ainsi les joueurs handicapés de ces deux disciplines utilisant un ballon à grelots, parfaitement rond, on vous rassure !

Ainsi, en novembre 2018, l’équipe formatrice de Sonorium Francophone reçoit dans son studio associatif périgourdin, Dorothée en entretien préalable. Nous lui présentons une  Formule « Parcours en Animations Radio », créée spécialement pour répondre à son projet. Un grand programme de 10 semaines thématiques, construite avec des cours écrits et oraux, des pratiques de visualisations (par le toucher et l’écoute) des aspects virtuels de l’audio, des exercices et des exemples sonores, des intervenants sur des sujets variés, sans oublier la découverte d’outils informatiques et techniques pour enregistrer et traiter le son. Ce parcours progressif et pédagogique devait durer un an, à raison d’une semaine par mois en moyenne :  partant de l’écoute du son, de son traitement pour diffusion, de ses méthodes d’acquisition et de l’étude des microphones, passant par l’interview, le reportage, le montage, l’écriture de présentation, la conduite d’émissions de divers formats ou thématiques, il allait jusqu’à l’archivage sonore et la Musique Assistée par Ordinateur. Il fallait d’abord la rassurer sur le fait qu’une aveugle, si elle est motivée, peut suivre sans difficulté, ce programme riche et complet. Ne restait que la partie financière à discuter ! Nous lui proposions des pistes associatives ; elle a répondu par Cap-Emploi et l’AGEFIPH.

Même si cela a marché, force est de constater que la structure spécifique à l’emploi des handicapés a bien compliqué l’affaire d’un point de vue administratif : l’antenne marseillaise de Cap-Emploi nous a d’abord sollicité le programme des travaux intermédiaires. C’est-à-dire que cette conseillère souhaitait savoir de Sonorium, ce que ferait bénévolement Dorothée avec Radio Galère, entre deux semaines de notre formation. Comme si nous disposions du temps et des personnels de cette radio associative marseillaise ! Quelle ingérence cela serait de notre part ! Puis, de janvier à avril 2019, ce même Cap-Emploi nous a refait faire quatre fois, les devis et programmes, car ils s’étalaient sur deux années civiles, mais aussi car n’apparaissait pas le nombre d’heures auprès de radio Galère (comme si nous devions les imposer) ! Si nous avons promptement répondu, la réciproque n’était pas de mise ! Nos questions à cette conseillère Cap-Emploi sont toujours sans réponse : comment expliquer que l’AGEFIPH, finançant le projet de futurs salariés, agisse pour une bénévole associative, sans perspective d’emploi en radio ? Quel suivi y aura-t-il durant les stages ?

D’avril jusqu’en juillet 2019, quatre semaines thématiques de notre formation furent menées pour Dorothée. Le résultat est hélas plus que décevant ! Ses émissions en radio ne progressaient pas réellement, d’un mois sur l’autre. Tout en disant qu’elle était motivée, la stagiaire n’en faisait qu’à sa tête (s’imaginant en vacances en Périgord) et en se plaignant de tout. Certes, il y avait ses récurrents problèmes de matériels. D’un côté, elle ne savait pas se servir du nouvel ordinateur (payé par l’AGEFIPH) et qui devait probablement avoir un petit dysfonctionnement. D’un autre, ces outils de prises de sons, de mauvaises qualités audio, étaient inutilisables de manière autonome par une personne aveugle. Malgré nos prises en main pour y pallier, Dorothée en jouait, puis se plaignait sans cesse de ses conditions en pleurant quelques larmes de crocodile. Puis, soudainement, elle s’agaçait après son environnement personnel. La stagiaire tergiversait également sur les exercices durant les modules, affirmant ne pas comprendre les consignes ou les aménageant à sa volonté. Elle transformait l’exercice d’une animation de débat en interview (mal conduite puisqu’elle ne fut pas bien préparée). Pour autre exemple, un exercice de reportage l’entrainait dans la centième Félibrée de Périgueux, mais si les formateurs avaient calibré un temps d’enregistrement précis, la stagiaire exigeait de profiter de l’ensemble de la festivité (durant tout le week-end), sans produire de son, ni effectuer les montages s’y référant !  De plus, on observait qu’elle ne lisait pas ses cours ni écrits ni audio. De surcroît, nous constations qu’elle ne retenait pas ce qu’elle venait d’entendre quelques instants avant ; nous en concluions qu’elle n’écoutait pas ! Lors de chaque critique, les formateurs lui dispensaient des conseils et des méthodes ; elle n’en faisait rien ! Chaque fin de stage se concluait par un débriefing écrit (questionnaire d’évaluation et de satisfaction de stagiaire) ; Dorothée n’en voulait pas, décrétant l’inutilité de la chose pour elle ! Obligatoire, ce questionnaire est rempli par tous les stagiaires passant par notre formation ; certains mettent 15mn pour le remplir, d’autres une heure maximum ; Dorothée passait jusqu’à 3 heures pour cette formalité ! L’envie de perdre du temps ? Une manière de nous montrer un caprice de plus ? Au final, dans ces écrits, que de contradictions ! Elle demandait d’abord à lire les cours, hors du temps formatif ; puis se plaignait de devoir les lire en-dehors du stage. Elle accumulait un grand retard, puis voulait avancer, sans refaire ce qu’elle n’avait pas compris précédemment. Les formateurs étaient donc obligés de revenir sans cesse aux bases pédagogiques d’apprentissage. Tout cela se passait pendant les stages. Etait-ce pour perdre du temps ? Pour justifier ses exercices intermédiaires non-effectués, elle exposait même ses propres peurs des autres personnes, auprès desquelles elle devrait travailler bénévolement en radio. Si les travaux d’interstage n’étaient pas effectués, les pratiques en radio ne l’étaient pas plus, alors qu’elles nous avaient été sollicitées par Cap-Emploi, pour apparaître dans le programme formatif écrit ! Par deux fois entre les stages, nous avons formulé ces remarques écrites, les envoyant à la stagiaire, avec des conseils et des recommandations pour mieux faire ; en vain ! A plus de 50 ans, Dorothée se comportait comme si tout lui était dû : une enfant de 6 ans est moins capricieuse !

L’équipe formatrice ressentait donc une certaine lassitude et un profond agacement face aux réactives humeurs de la stagiaire. Mais, nous prenions notre mal en patience. Nous émettions des doutes et questions sur la cause de cela : état psychologique déficient ou volonté de manipulation ? Le fait que la stagiaire ne paie rien de la formation, tout étant pris en charge par l’AGEFIPH, y était-il pour quelque chose ? Nos partenaires et intervenants, l’ayant rencontrée, comprennent, aujourd’hui, qu’elle manquait de motivation et de sérieux, mais ils regrettent qu’elle ait perdu la richesse de ces enseignements.  En fait, comprenons ici qu’affirmer qu’une stagiaire est motivée ne suffit pas ; faut-il encore le démontrer concrètement ! Nous avions l’impression d’avoir œuvré pour rien, que tous nos engagements étaient gâchés.

De son côté, l’antenne marseillaise de Cap-Emploi nous appelait en août pour un bilan : étonnante période pour faire le point, mais pourquoi pas ! Nous comprîmes très vite que la stagiaire marseillaise avait usé de toute sa comédie pour pleurnicher, affirmant «  que le formateur lui faisait peur, que la formation était trop longue et trop exigeante,  qu’il y avait trop d’exercices à faire et de cours à apprendre, qu’elle est réfractaire au par-cœur, qu’elle n’était pas rassurée… » Nous avons démontré la manipulation orale, par l’envoi à cette organisme marseillais, des quatre débriefings de Dorothée et de nos deux textes d’avertissements sur son attitude en stage. Si cette conseillère ne nous avait pas communiqué le mail de plainte de la stagiaire, elle lui a bien envoyé les nôtres ; histoire de jeter de l’huile sur le feu ! Deux jours après, Dorothée nous envoie un mail indiquant qu’elle abandonnait notre formation, n’étant pas en état psychologique de poursuivre. Bref, selon cet organisme, il aurait même fallu que nos stages soient conduits pour un groupe et pas pour une personne seule ! Ce n’est pas notre politique ! Chaque déficient visuel ayant son niveau, son parcours et son projet personnel, autant y répondre individuellement ! De plus, on n’a pris personne en traitre, car toutes les informations générales écrites (disponible en page Formations de ce site), puis les propositions de programmes complets  étaient communiquées à la stagiaire et aux partenaires financeurs, dès le début (en novembre 2018). Même s’il n’y avait aucune surprise, nous comprenions que personne n’avait lu notre prose informative ! Lors de l’entretien téléphonique d’août 2019, cette conseillère nous répondit même que « l’écrit ne compte pas, seul l’oral vaut ! » On vous laisse seul juge, cher lecteur !

Bilan pour Sonorium Francophone : une perte financière se comprend à plusieurs niveaux. D’un côté, il y a la perte estimée, celle des 6 semaines restantes entre cet automne et le premier trimestre 2020. Cette somme n’était pas concrète, mais elle permettait de rêver les investissements pour notre structure. D’un autre côté, il est le dédommagement, qui incombe à la personne qui abandonne, sans un cas de force majeure ! Cette bataille de droit légitime se veut lourde à conduire, surtout quand on a d’autres opérations associatives à mener !

De plus, sur l’instant, l’abandon de cette stagiaire nous a fait penser que plus aucun déficient visuel ne mettrait les pieds en stage ici ! Puis nous avons jugé cette première réaction comme idiote ! En effet, tous les non et mal voyants ne sont pas comme elle et certains ont des projets sonores, pour lesquels notre association peut apporter ses compétences. Alors, nous continuerons à dispenser ces formations « Apprendre les Techniques du Son », mais resterons vigilants sur le sérieux et les motivations des candidats ! Même si certaine mériterait une paire de… Non, dans la musique, on est sensé adoucir les mœurs ! Donc, pour conclure, le titre de cet épisode aurait pu être emprunté à Zazie, « Zen, restons zen ! »

LA VIE LA NUIT

Le titre de 1988 du groupe Début de Soirée vient supplenter celui interprété par Johnny Hallyday « Retient la nuit », pour aborder une opération  de sensibilisations, dans le cadre de « Si T sport familles ». Nous avions déjà, sur cette page, utilisé l’intitulé du texte de Charles Aznavour chanté par l’ancienne idole des jeunes, pour présenter « La tête dans les étoiles ».

A l’observatoire de Coulounieix-Chamiers, était proposé cet événement exceptionnel, le vendredi 12 juillet 2019. Il était organisé, depuis octobre 2018, par le service municipal des Animations Familiales, le club du FLEP-Astronomie et Sonorium Francophone. Un magnifique temps convivial, sous un climat agréable, a rassemblé 56 habitants de la commune, dont 18 enfants, autour de plusieurs activités. L’un des objectifs était de faire le lien entre l’astronomie et le handicap visuel.

En début de soirée (non, pas le groupe), les participants ont joué le jeu du pique-nique dans le noir. Certains parents ont posé des questions aux bénévoles de Sonorium Francophone, sur les techniques à employer pour se débrouiller sans voir. Des enfants étaient contents d’avoir repéré les aliments dans leur assiette à l’aide de « l’imaginaire horloge ». D’autres adultes témoignaient d’être fiers d’avoir trouvé leur verre sans le renverser ou d’allumer une cigarette les yeux masqués !

Puis, ils ont circulé dans des ateliers différents, tous en lien avec l’espace. D’un côté, les plus jeunes pouvaient construire des fusées à eau ou à vinaigre, encadré par des animateurs du Flep-Astronomie et son président Olivier. Dans un fracas sonore, propulsant ces fusées artisanales (une bouteille plastique remplie de liquide et de gaz), les lancements furent réussis !

Pendant ce temps, enfants et adultes suivent, sans la vue, un diaporama audio décrit sur le système solaire. Sonorium Francophone avait préparé et enregistré les textes décrivant les images proposées par Marie-Laure, l’animatrice de l’atelier. Entre deux descriptions par les voix de Simone du FLEP-Astronomie et d’Arnaud de Sonorium, les spectateurs relèvent momentanément le bandeau pour, regardant l’image, répondre aux questions de Marie-Laure du club d’astronomie. A votre tour, écoutez sans voir, un extrait sonore de ce diaporama, en téléchargeant gratuitement ici ce fichier MP3.

Un changement d’activité a permis au public d’essayer de se déplacer avec la canne blanche, les yeux bandés. Damien de Sonorium guide chaque personne par l’oral, répondant aux questions. De leur côté, Eric et Cyril, du service municipal des sports de Coulounieix-Chamiers, animent des « kims au toucher et à l’odorat », bientôt rejoint par Claudine de Sonorium pour les épauler. Enfants et adultes devait identifier des parfums, des objets, des matières… Evidemment sans les voir !

La nuit tombée, en ce soir d’été, le club astronomie a sorti les télescopes, offrant une observation du ciel. Juste à côté, les responsables de Sonorium Francophone se tiennent autour de deux maquettes tactiles. Sur une plaque de bois, Marie-Laure et Claudine ont représenté la voie lactée, à l’aide d’une mousse à expansion qu’elles ont peinte. Un cure-dent, planté dans cette masse spongieuse, désigne notre système solaire. L’autre maquette se veut interactive. C’est une représentation de notre système solaire en respectant deux échelles : l’une, faite avec des rubans, représente les distances au soleil ; l’autre montre la taille de chaque planète par rapport à celle de l’astre solaire. Au centre, se trouve un touret de bois ; c’est  une grande bobine de 70cm de diamètre, servant généralement au rangement des fils électriques pour des entreprises. Autour, sont accrochés par un scratch, les rubans déployés, révélant des bobines plus petites. Une allumette,  un cure-dent, un crayon ou rouleau vide d’adhésif servent pour représenter les diamètres des planètes (de 2mm à 7cm). Les membres du club astronomie n’en revenaient pas de la précision ou de l’exactitude des échelles. Ils s’étonnaient aussi de l’utilisation des matériaux de récupérations, exploités pour cette représentation pédagogique. Nos maquettes ont intéressé les enfants qui en déroulant les rubans, comprennent la distance entre les planètes. En tenant l’une d’elles, ils s’éloignent de 2cm jusqu’à 4m50 du « touret soleil », mais aussi de leurs camarades, chacun portant dans sa main une autre planète !

Avant de partir, les participants nous ont chaleureusement remerciés, exprimant leur plaisir, espérant soit s’inscrire, soit nous revoir l’année prochaine ! Or, il ne s’agissait que d’une expérience unique, apriori. Pour y pallier, on parle avec le club astronomie, de réaliser d’autres  maquettes tactiles, utilisables lors de la manifestation annuelle de la « Nuit des étoiles ».

Une dame âgée mange les yeux dans le noir. Crédit photo : Jocelyne Barbier  Maquettes réalisées : La voie lactée et le système solaire. Crédit photo : Jocelyne Barbier

HEY ! MONSIEUR L’HOMME ORCHESTRE !

Pour ce moment de la vie de Sonorium Francophone,  il vaut mieux utiliser la version française qu’Hugues Auffray au  titre de cette chanson de Bob Dylan de 1965, car la traduction est moins ambigüe ! En effet, il n’est pas question pour nous de jouer des métaphores musicales à propos de drogues (comme c’était le cas dans les années 1960). Non, nous abordons ici l’originalité de pratiquer divers instruments rares, par exemple : jouer du Cosmicbow, interpréter quelque chose à la guimbarde Iakoute, s’accompagner du mélodica utiliser un Tonguedrum, jouer de la métaphore… Heu, non ! La dernière n’est pas un instrument de musique !

Pourtant, ce genre d’humour est pratiqué par le stagiaire, présent du 12 au 23 août 2019 avec nous. Emmanuel Coutris est le lauréat de notre concours sonore  2018. Le quadragénaire non voyant de Massy (en région parisienne) gagnait donc une semaine gratuite de stage, mais l’importance de son projet conduisait à lui proposer deux semaines de formations pour « Apprendre les Techniques du Son ». Si ce temps fut complet pour la partie formative, il fut bien trop court du point de vue des aspects humains ! Nous avons vécu l’une des plus belles formations depuis longtemps.

Tout en apprenant les spécificités audio, l’objectif fixé pour cette période était simple : réaliser un épisode test, autrement appelé « pilote », pour la série projetée. Pour atteindre cet objectif, Le stagiaire a donc procédé en deux temps : d’un côté, enregistrer ces instruments acoustiques, découvrant les méthodes d’acquisitions, les réglages et filtres sonores, les effets s’appliquant à la voix et d’autres techniques. D’un autre côté, nous avons appris à Emmanuel, l’importance des parties écrites (plan, conducteur, rédactions des présentations), mais surtout comment elles guident le montage après l’enregistrement. Bien sûr, les techniques de mixage, d’effets et quelques astuces de traitements sonores lui furent enseignées. Dans ces moments formatifs, forts en convivialité, en bonne humeur et en échanges musicaux et audio, Emmanuel a désigné l’une des techniques de montage comme très utile puis, pour mnémotechnique, lui a conféré le nom du formateur : « Voilà la méthode Arnaud ! » s’exclamait-il. Ecoutez le résultat sonore du travail d’Emmanuel, en téléchargeant ici gratuitement l’épisode pilote en MP3.

En fait, Emmanuel souhaite créer une série de documents sonores, disponibles en podcast sur Internet, présentant les instruments de musique rares, mais surtout les méthodes pédagogiques pour en jouer. Le but avoué est de faire comprendre que n’importe quelle personne, ayant envie, peut pratiquer ces instruments inconnus ! Une fois rentré, Emmanuel prendra donc le temps de configurer son local d’enregistrements. Entrecoupé par ses activités artistiques et sa profession, il affinera l’écriture de son projet sonore et entamera les sessions d’acquisitions des sons. Sonorium Francophone reste en contact avec lui et, dès que la première partie de la série sera prête, l’annoncera sur ce site !

Emmanuel en train de jouer du Cosmicbow. Crédit photo : Claudine AUDRIX-DUPUY Emmanuel joue du mélodica. Crédit photo : Claudine AUDRIX-DUPUY

ENTREZ DANS LE RÊVE !

« La vie n’est pas la vie, mais ce qu’on nous fait croire ! » C’est l’une des phrases de cette chanson de 1984, écrite par Gérard Manset, sur l’illusion des rêves au moment d’aller dormir. Si je choisis ce titre, ce n’est pas pour vous laisser imaginer qu’on s’endormait au forum associatif de Périgueux ! C’est  parce qu’on  aurait pu croire, comme dans un rêve, qu’il y avait un grand nombre de venues sur notre stand.

Ce samedi 7 septembre 2019, comme chaque année, Sonorium Francophone a participé, avec plus de 200 autres structures, à  « Vive la Rentrée », contenant le forum associatif de Périgueux. Placés à l’entrée de la grande salle de la Filature, entre l’Association des Paralysés de France et un organisme consacré à l’autisme, nous avons accueilli 23 visiteurs. Sur notre stand, ils ont observé notre documentation écrite  et la tablette numérique, sur laquelle défilait un diaporama. Réalisé par Claudine, il résume en plusieurs photos, le  visuel de nos actions.

Si le nombre de 23 visites bat le record effectué l’an dernier, il est à relativiser. De prime abord, on peut croire que c’est une bonne chose, mais au second regard, c’est différent ! Parmi les visiteurs de notre stand, 9 de nos connaissances associatives ou personnelles sont venues nous saluer ou prendre des nouvelles. De plus, les élections municipales de 2020 ont fait déplacer 6 personnages politiques locaux, dont l’actuel maire, en campagne, ainsi qu’une partie de son conseil municipal ; ils passaient sans poser de questions ! Ce fut aussi le cas de 4 personnes nous remettant leurs documents publicitaires. Enfin, 3 visiteurs, rarement vus dans cette manifestation, furent curieux de nos actions. De surcroît, deux représentantes d’établissements scolaires ont tendu une oreille attentive, en nous entendant parler de sensibilisation au handicap visuel pour les enfants (un projet pédagogique leur est donc envoyé). Par ailleurs, la représentante d’une structure locale, amie de longue date, l’association DMLA, constituée de personnes âgées mal voyantes, nous a proposé de participer à une après-midi récréative et sensibilisante : le 10 octobre prochain, nous montrerons donc des jeux de société adaptés en relief et en audio.

ET ON DÉMARRE UNE AUTRE HISTOIRE !

Ce refrain populaire de Gérard Blanc, en 1987, va conclure notre récit des épisodes estivaux de 2019, pour ouvrir sur nos activités associatives, prévues pour l’automne et l’année 2020.

Il y aura eu, à l’invitation de l’association DMLA, la sensibilisation au handicap visuel, par les loisirs et jeux adaptés en tactile et sonore. Le 10 octobre en la Maison des Associations de Périgueux, Sonorium Francophone aura donc participé à la journée intitulée « Jeux m’adaptent ! » Nos opérations sensibilisantes, qu’elles soient autour du sport spécifiques aux non et mal voyants, comme le Torball, voire qu’elles concernent les adaptations écrites et sonores du quotidien, pourraient également être conduites par Sonorium dans l’agglomération périgourdine, avec des municipalités et des milieux scolaires.

Nous aurons également échangés, dans une rencontre avec des potentiels mécènes. En effet, le 22 novembre 2019, la municipalité de Périgueux convie plusieurs sociétés dont les fondations font du mécénat associatif. Tout comme Claudine et Arnaud de Sonorium Francophone, les bénévoles périgourdins seront donc venus les rencontrer et présenter leur objectifs finançables ou pas !

Si une formation s’est interrompue, elle laisse des places libres pour d’autres déficients visuels très motivés ! En effet, pour la troisième fois, Patrice de Haute-Garonne, est lauréat de notre concours sonore 2019. Il viendra donc se former aux techniques du son ; il utilisera une semaine de fin janvier 2020, laissée libre par l’abandon de Dorothée. Après ses stages en 2013 sur le montage sonore par informatique, en 2014 pour la création de séries de reportages, le sexagénaire mal voyant souhaite, cette fois, connaître les réglages des fréquences audio par ordinateur et leurs filtres virtuels.

Il y aura certainement aussi les manifestations locales, desquelles nous sommes partenaires, avec les services municipaux des Animations Familiales et des Sports de Coulounieix-Chamiers : le 19 octobre, la soirée karaoké et notre stand de vente de cannelés ; les 7 et 8 décembre, le Marché de Noël Associatif verra notre sonorisation et notre stand de vente d’objets artisanaux ; le carnaval du 16 février connaîtra notre partenariat audio et créatif ; en juin, ce sera au tour de la soirée Bodégas et nous sommes déjà sollicités, pour réaliser des créations sonores autour du monde animalier nocturne, lors d’une étrange « Veillée à la loupiote » en juillet 2020…

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