Le roi des lys : la fleur de lys et la couleur bleue
dans les emblèmes royaux

 

 

Le roi de France est l’un des très rares souverains de la chrétienté à ne pas porter d’animal dans ses armoiries. C’est au contraire dans le monde végétal qu’il puise la plus grande partie de ses emblèmes et de ses symboles : la fleur de lys, le fleuron, la quartefeuille, la palme, la couronne fleurdelisée ou fleuronnée (ou d’autres motifs végétaux ou floraux, trèfles, palmettes, feuilles d’âches). Le quartefeuille étant une sorte de lien graphique et sémantique entre l’étoile et la fleur de lys.

La symbolique récurrente de la dynastie capétienne fut d’abord basée sur les thèmes de la fécondité et de la pureté. Viendront ensuite la légitimité et la continuité ; puis le caractère sacré de la personne royale. Avec la fleur de lys, les capétiens ne sont plus pensés comme l’expression des valeurs chevaleresques (foi, sapience et chevalerie) mais comme porteurs des vertus de la Trinité. Appliqué au roi de France, le lys lui offre ce rôle de médiateur entre le ciel et la terre, attribué à la Vierge mais qu’il a désormais en commun avec elle.

Tous ces symboles sont présents dans les sceaux et contribuent à mettre en scène la personne royale. Les Valois, du XIVe au XVIe siècle ont beaucoup utilisé les végétaux dans leurs emblèmes para-héraldiques (roses, iris, rosier, épines de la couronne du Christ).

Il est désormais prouvé que c’est la couleur bleue et non la fleur de lys qui fut le premier emblème royal. La famille capétienne directe ou issue de branches séparées porte toujours la couleur bleue mais non essentiellement la fleur de lys. Ce bleu est associé à la couleur mariale et relié à une symbolique cosmique. Ce n’est qu’à partir du XIIIe siècle que la fleur de lys remplace la couleur bleue comme emblème royal. Et c’est leur association (semé de fleur de lys d’or sur un fond azur) qui donnera les armoiries royales.

Les armoiries royales françaises sont spécifiques en ceci qu’elles s’associent fortement à l’idée du sacré, et revendiquent une origine divine de la dynastie capétienne. Mêlant tout à la fois le bleu céleste et marial, et la fleur de lys associée aux idées de souveraineté, pureté, fécondité et virginité.

Ce sont les objets symboliques qui font le roi dans le sceau de majesté : il n’est jamais debout, n’a jamais les mains vides, et il n’a jamais les pieds posés sur le sol du commun des mortels. Plutôt que d’adopter une épée comme second objet, le roi capétien préfère la virga (sceptre court souvent limité à une fleur de lys). En langage vulgaire la main de justice se nommait bâton à seigner (à bénir). Elle est la main de Dieu déléguée à la monarchie française par l’intermédiaire de saint Louis (canonisé en 1297).