Lettre
d’une inconnue est la révélation d’un secret.
Celui d’un amour fou, d’une jeune fille de 13 ans, jamais
avoué mais toujours entretenu. C’est l’histoire d’une
jeune fille, puis d’une mère qui choisit la voie d’un
destin tragique plutôt que celle d’un amour consensuel.
Nous avons préféré le texte de Stefan Zweig à
l’adaptation théâtrale qui en avait été
faite, ceci dans la mesure où l’écriture de Lettre
d’une inconnue porte en elle-même sa propre théâtralité.
Une énigme d’amour
Lettre d’une inconnue est une nouvelle de Stefan Zweig (1881-1942),
auteur incontournable de la première moitié du 20ème
siècle. Cette nouvelle a fait l’objet de maintes adaptations,
tant au théâtre qu’au cinéma.
Il s’agit d’un enchantement que la lecture de ce texte. Eclatant
entre mélancolie et sérénité lorsque l’amour
et la mort, après s’être taquinés, se côtoient,
l’un cédant à l’autre.
Brillance, brûlure, amour sacré, don de soi absolu, révolte
d’amour, enfance et enfant perdu, sensualité : telle est
la parole révélée par cette femme.
Lettre d’une inconnue est la révélation d’un
secret : l’amour fou qu’une jeune fille de treize ans a voué
jadis à un écrivain de vingt-cinq ans, sans jamais le lui
dévoiler, et que la femme adulte continue d’entretenir. C’est
surtout pour nous l’histoire d’une jeune fille, puis d’une
mère, qui choisira la voie d’un destin tragique, plutôt
que celle d’un amour consensuel.
La lecture de ce texte est un enchantement : enchantement éclatant
entre mélancolie et sérénité lorsque l’amour
et la mort, après s’être taquinés, se côtoient
dans une fusion fatale. Ce comportement déterminé fait de
l’inconnue une réelle héroïne.
Je voulais être la seule parmi toutes les femmes à qui tu
penserais toujours avec l’amour, avec gratitude.
Une intrigue tragique dont nous connaissons l’issue dès les
premières paroles.
Stefan Zweig disait vouloir écrire des livres qui fussent du pain
pour l’humanité. C’est sans doute pour cette raison
que nous constatons, après chaque représentation, que l’inconnue
trouve une place au chaud en chaque spectateur, passagère clandestine
de nos consciences.
Mise en scène
Une comédienne et trois musiciens, un dispositif scénique
épuré pour donner à entendre plus encore qu’à
voir un destin tragique. Parce que c’est la musique des mots de
Zweig que nous avons cherché à attraper avant tout dans
ce spectacle. Le texte résonne en leitmotiv, qui scandent le texte
comme les refrains d’une chanson, un lied de Schubert.
Les partitions du jeu et de la musique se répondent et se complètent,
avancent de concert pour dire l’impossibilité d’être
reconnue, d’exister dans le regard et la mémoire de l’être
aimé.
Une unique comédienne
Puissance du verbe, pertinence des images, musicalité des mots,
autant d’atouts majeurs qui s’épanouissent par la seule
voix de l’inconnue et ne pourraient que se diluer si l’on
imposait un romancier et un serviteur, deux personnages éloquents
parce que fantômes.
Un
trio musical
La
musique va alors devenir le vrai partenaire de l’inconnue (et du
public), partenaire de solitudes enfantines, de silences de femme, de
rêve d’opéra d’un grand soir….Nous l’avons
voulue à la fois alerte et lyrique, tour à tour gaie et
désespérée, jamais illustrative. La musique répond
à l’inconnue, ouvre l’espace, sollicite l’imaginaire
et propose désormais une autre transposition poétique.
Il
sentit que quelqu’un venait de mourir ; il sentit qu’il y
avait eu là un immortel amour. Au plus profond de son âme,
quelque chose s’épanouit en lui, et il eut pour l’amante
invisible une pensée aussi immatérielle et aussi passionnée
que pour une musique lointaine.
C’est
cette musique lointaine que nous avons cherchée tout au long des
répétitions et que nous espérons à chaque
représentation.
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