Lauent Suchy

 
Après Victoria Klotz et Eric Aupol, la Mairie de Sarlat accueille pour trois mois Laurent Suchy en résidence d’artiste pour mener un travail de recherche sur le thème “Imaginaire collectif et Histoire”. Sa résidence a commencé dès le mois de mars avec une exposition d’accueil… à suivre à la rentrée de septembre pour découvrir les fruits de son “enquête artistique” en Sarladais.
Comment définiriez-vous votre travail artistique ?
Je cherche en dessinant, quelques fois je réalise mes dessins en volume : ils deviennent des dispositifs (installations) placés dans la ville.
Mon esthétique est liée à l'art minimal et conceptuel mais elle est réchauffée par des thèmes liés au conte, à l'enfance ou au jeu...
Dans les “petites histoires” que je me raconte, des scénarii inattendus se présentent à nous. On peut penser au cinéma burlesque des années 20 : Buster Keaton ou à l'univers de Jacques Tati. Je cherche à créer des liens entre un univers onirico-ludique et la réalité.

Avez-vous une formation particulière ?

Des études d'art appliqué et une spécialisation dans l'image liée à la publicité. J'ai commencé ma carrière professionnelle en faisant des illustrations pour des festivals, des théâtres, des compagnies de danses et des maisons d'éditions.

Parlez-nous de vos dernières réalisations et du contexte dans lequel vous travaillez ?

J'ai envie de parler de ma première expérience d'exposition à l'étranger. J'ai passé trois mois à Hong-Kong. La Fine art de Hong-Kong m'accueillait. J'ai présenté mon travail aux étudiants. Les pistes de recherches de l'installation que je devais montrer à la fin de ma résidence, Move the Mountain est une énorme montagne qui est soulevée par un élévateur.

Est-ce votre première résidence d'artiste ?
Non, j'ai fait une résidence d'artiste dans une banlieue parisienne il y a 3 ans. J'ai construit mes recherches autour des rencontres avec les habitants.
M'interroger sur l'idée de ville m'a amené dans un premier temps à recueillir des informations historiques, scientifiques, anecdotiques et des sensations ressenties devant et dans certains lieux. J'ai questionné plus particulièrement la relation du curé à son église, du maire à sa mairie, du chef de gare à sa gare, l'ancien combattant au monument aux Morts, l'urbaniste à sa ville, etc…
  Suite à la série de questions récurrentes orientées autour des notions de déplacement (traversées), de disparition, d'apparition et des “lapsus” inscrits dans un bâtiment, j'ai obtenu des réponses qui se recoupent, se complètent ou divergent.
Le projet devenait une véritable énigme scientifico/poétique tournée vers l'obsession de retrouver des éléments du conte dans la réalité de cette ville.
J'ai réalisé une série de cartes postales en noir et blanc qui restituaient le déploiement de ces recherches et de ces rencontres, cet effort pour montrer en continu, quasiment en temps réel, mon travail de réflexion. J'ai concrétisé cette recherche par la réalisation d'une installation dans la ville autour d'un scénario mettant en scène les maquettes réduites de l'église, la mairie, la gare, le kiosque et le monument aux Morts.

Que vous a-t-elle apporté ?

De pouvoir rebondir continuellement sur d'autres points de vue.


Le contact avec la population nourrit-il votre travail ? Comment cela se concrétise dans vos oeuvres ?
Ce n'est pas une population qui nourrit ma recherche ce sont des individus, des individualités. Ce sont leurs faiblesses, leur créativité qui me touchent. Ces choses peuvent se repérer par quelques métaphores dans mon travail.

Comment envisagez-vous votre travail de résidence à Sarlat ? Le thème de la résidence à Sarlat “Imaginaire collectif et Histoire” vous est-il familier ?
Oui, c'est une démarche que j'ai eue à Houilles, en banlieue parisienne. Je vais visiter les lieux, rencontrer les habitants, regarder les archives, avancer par petites interventions dans la ville, partir sur le décalage historique que l'on peut ressentir dans cette ville par rapport à la réalité : la cité historique très moyenâgeuse. Réunir les rêves, les symptômes qui peuvent émerger quand on vit dans une cité en décalage historique avec la physionomie d'une ville dite moderne.
Je pensais également à Umberto Eco qui racontait qu'à son arrivée à Paris, il a été séduit par Paris parce qu'il pouvait s'amuser à être Phébus autour de Notre Dame ou d’Artagnan autour de l'église Saint-Sulpice.

Qu’exposez-vous à Sarlat pour votre exposition de début de résidence ?

Je présente une série d'images autour d'un dialogue entre une chaise et un fauteuil, placés dans des petits théâtres.












Association de Départementale de Développement Culturel