Amateur is me
Didier Bessières

 

Depuis 2002, le Conseil général de la Dordogne, par le biais du Fonds Départemental d’Art Contemporain (F.D.A.C)
et de ses expositions itinérantes, a permis à quelques 8500 visiteurs, dont 5000 scolaires, de prendre connaissance de l’état de la création artistique des plasticiens vivant dans le département. Une centaine d’œuvres ont ainsi été présentées et continueront de l’être dans les communes les plus petites et les plus excentrées de notre département.

Parallèlement à cette opération, le Conseil général a souhaité soutenir de façon plus affirmée le travail d’artistes du F.D.A.C. et leur offrir ainsi la possibilité d’une exposition personnelle dans un lieu professionnel.

Après Gérard Fioretti en 2003 et Luc Defontaine en 2004, c’est au tour de Didier Bessières de nous interpeller sur l’artiste et sa place dans notre société.


JE NE SAIS PAS
JE POSE LA QUESTION

(Fragment d’une lettre improbable)

/…/ Et n’oubliez pas qu’il faut un certain temps pour trouver le courage et l’insouciance de s’aventurer dans le vaste champs des possibles, car on y croise certes, la beauté évidente (pour soi), le poétique, la pertinence et l’impertinence, le sens (provisoire souvent)…mais aussi l’effroi, face à l’incandescence de la liberté, de «sa» liberté, du «tout est possible» et du «à quoi-bon».
Franchir le seuil c’est devenir artiste.
Mais est-ce bien sérieux un artiste ? A quoi sert-il ? Se pose parfois la question du métier, oui madame !
du « vous vivez de votre travail ou vous faîtes ça en amateur ? »

Monsieur ! Avez-vous une idée ? C’est quoi un artiste, professionnel de surcroît ? Celui qui n’est pas un amateur ? Je ne sais pas je pose la question. Celui qui est entré dans le marché de l’art ? Celui qui gagne de l’argent ? Je ne sais pas, je pose la question. L’artiste professionnel, serait-il celui qui travaille avec d’autres professionnels ? Ceux du milieu de l’art (bien plus nombreux que les artistes d’ailleurs), des institutions, des centres d’art, des galeries ? Je ne sais pas, je pose la question. Et l’amateur lui, resterait avec les amateurs, les bénévoles ? Je ne sais pas, je pose la question. Ou bien, les inscrits à la parisienne Maison des Artistes sont-ils, au regard des statuts… les seuls professionnels ? Je ne sais pas, je pose la question. Mais comment devient-on professionnel ? En étant un jour amateur ? Une coexistence est-elle possible ? Je ne sais pas, je pose la…
Alors, l’artiste ? Professionnel ou amateur ? Amateur professionnel ou professionnel amateur ?
Qu’importe au juste, vous l’avez compris.
Place à ceux qui aiment, c’est l’essentiel…

Didier Bessières - Janvier 2006

 

DIDIER BESSIERES,
POETE DU QUOTIDIEN

Une petite porte face à la Collègiale de Ribérac, un escalier en bois pas trop droit et nous voilà dans l’atelier de Didier Bessières. Nous avons croisé quelques-unes de ses œuvres et maintenant elles nous entourent.

Nous échangeons quelques mots sur son travail d’artiste plasticien et rapidement nous comprenons que son intérêt se porte sur le processus de matérialisation d’une pensée toujours en mouvement.

« Etre artiste c’est expérimenter les passages d’un état d’esprit à un état des choses » nous dit-il.

De quelle nature sont ces passages ?
Ils représentent toutes les modaliés expérimentales de mise en forme d’une chose qui n’existe pas au départ. L’objet, l’installation ou la couleur sont pour moi des passages et les choses n’y sont pas
enfermées.

Quel est le point de départ de cette mise en forme ?
La rivière souterraine de mon
travail est l’écriture, mais j’ai besoin de la matière pour éprouver du plaisir. J’aime avoir les mains à la fois au ciel et dans la terre. Selon moi, il y a une espèce de chose noire, informe, de l’ordre de l’anti-matière qui doit finir par s’imposer, par prendre corps.

Il s’agit donc de donner une existence à ces “choses” par la matière ?
En effet, mais pas seulement. Les pièces n’existent qu’à partir du moment où je vais les nommer, autrement elles sont dans des limbes. Les titres et les pièces, sont une même entité vue par deux entrées.

Quel lien existe-t-il entre le réel et votre
œuvre ?

Le réel est poésie. Elle conditionne en partie mon travail. Elle est présente partout mais on ne peut la fixer, la capturer, tel un oiseau posé sur une branche. Je tends à adopter une attitude de présence au monde, éveillé et prêt à
l’émerveillement. En cela ma curiosité me guide et me fait prendre conscience de la richesse de mon ignorance. C’est ce chemin entre ignorance et savoir qui alimente mon travail artistique à condition de ne pas tarir cette ignorance.

A l’Espace Culturel François Mitterrand, que se passera-t-il ?
Une série de nouvelles œuvres
exposées sous l’intitulé « Amateur is me ». L’amateur est celui qui aime.

Qui est le “me” ?
Tous les “je” plus ou moins
masqués.

Amateurisme pourquoi ?
Je ne sais pas je pose la question !

Propos recueillis par Line Bouthier

 




EXPOSITION
du 2 mai au 30 juin 2006

VERNISSAGE
samedi 6 mai
à 17h

PERIGUEUX
Espace Culturel
François Mitterrand

Visites-Atelier-Jeux
pour les groupes scolaires sur réservation auprès de Line Bouthier
05 53 06 40 29
ou par e-mail
l.bouthier@perigord.tm.fr

Entrée libre
du mardi au samedi
de 13h à 18h



Renseignements
05 53 06 40 00 (ADDC)
Production
Conseil général de la Dordogne / ADDC












 

Association de Départementale de Développement Culturel