L'orgue
Tout au long du XIXème, siècle, les fonds et revenus d'une paroisse sont le plus souvent administrés par une assemblée de clercs et de laïcs: La Fabrique. Aussi, n'est-il pas étonnant de relever dans ses comptes quelques indices concernant le mobilier liturgique d'une église au rang duquel figure parfois un orgue.
Dans ceux de la Fabrique de Vanxains apparaît pour les années 1883 et 1884, le versement de gages pour un organiste, ce qui, par déduction atteste de la présence d'un instrument. Mais quelles en sont les caractéristiques ? La réponse à cette question nécessite le recours à un document plus parlant qui n'est autre que l'orgue lui-même.
A la faveur de l'année du patrimoine, qui en 1980 fut consacrée par le Ministère de la Culture au patrimoine organistique français, Jean-Michel Dieuaide, organiste à Paris, procéda à l'étude de celui de Vanxains.
Au cours de ses investigations, il découvrit dans le buffet une inscription nous apprenant que cet orgue fut construit en 1847 par Leymarie et Trouillet, facteurs d'orgues du Roi. Elèves de Callinet, ils ont également construit l'orgue de l'église Saint-Martial à Angoulême. Sur le plan technique, l'orgue se composait d'un buffet avec console séparée, d'un clavier de 54 notes et d'un petit pédalier de 18 notes. Sa façade offrait deux plates-faces de 8 tuyaux, séparées et encadrées de trois tourelles rondes de 5 tuyaux.
L'organiste constata que les grandes tourelles furent surélevées après coup pour contenir les basses en bois de la flûte 8. Quant aux tuyaux de façade, ils firent l'objet d'un décapage malheureux au papier de verre. Ces signes de bricolages successifs et peu scrupuleux affectaient également les autres parties de l'instrument. Mais le détail le plus frappant portait sur la disparition complète du jeu de dessus du prestant, de doublette et de trompette.
Sur les 324 tuyaux que comptait l'orgue à l'origine, il n'en subsistait que 197 ce qui témoigne d'un pillage pour le moins méthodique, probablement lié à une longue période l'abandon.
Malgré ces dommages et la dégradation naturelle des matériaux le composant, l'orgue fut jugé digne d'intérêt ce qui incita la commune de Vanxains à se lancer dans l'aventure d'une restauration.
Placée sous les auspices de Francis Chapelet, elle fut effectuée par le facteur Alain Thomas en 1982, Roger Chapelet ayant assuré la décoration du buffet.