Enquête sur la trahison commise par un des consuls de Sarlat, pendant le siège de la ville par Marchin, en décembre 1652, ayant entraîné la prise de la ville

(28 mars-18 septembre 1653).

28 mars 1653

Information sur la trahison faicte à Sarlat à la requeste

du procureur du roy

Sur la requeste faicte par monsieur le

procureur du roy au présent siège, disant que, níayant peu se

plaindre en la cour de parlament de Bourdeaux, ny devant vous,

à cause que les ennemys du roy occupoient tant lad. ville de

Bourdeaux que la présent ville, il auroit, pour le deub

de sa charge, faict procuration à son advocat au Conseil privé

du roy, pour demander à Sa Maiesté commission pour

informer sur la trahison qui a esté faicte pour mettre

ceste ville entre les mains des ennemis du roy, et

díaultant que la preuve pourroit dépérir, et par ainsin

ce crime demeureroit impuny; ce que voullant esviter pour

le deub de sa charge, il se plaint contre maistre Michel

Marcel, conseiller en ce siège et second consul, et ses complices,

de ce quíil a livré la présent ville aux ennemys du roy

et causé la perte entière de sa patrie, ayant manipullé

par ses intrigues la réduction de la place voire le siège,

ayant heu diversses conférances avec les ennemis, lequel

Marcel proposa, après huict jours de siège et une bresche

vigoureuzement soustenus par les habitans avec grand

perte des ennemis, quíil níy avoit aucune espérance de secours,

et supposa, contre toute sorte de vérité, quíil y avoit des

fournaux pretz à jouer, quoy quíauparavant il eust receu

lettre de monsieur de Sauveboeuf qui asseuroit que le secours

estoit proche, laquelle lettre il ne se contenta pas de supprimer

affin díintimider des bons serviteurs du roy, mais encore il

la remis èz mains des ennemys; et quelques jours avant le

siège, maistre Jean Faiol, son beau père, síestoit retiré chés les

ennemis pour plus facillement négotier leur traffic, où il a

demeuré pandant le siège et après, et extraordinairement

supporté et favorizé des ennemis au respect des misères

et souffrances ausquelles les autres habitans esteoint

réduictz, à quoy auroit aussi beaucoup contribué maistre George

Faiol, présidant présidial, beau frère dud. Marcel, par les entreveues

quíil a heues avec les ennemis avant son despart, pour Paris,

de laquelle trahison il se plaint, tant contre les sus

nommés que autres leurs complices, et díautres choses qui seront

plus amplement déclinées; de laquelle plaincte il

demande acte et requiert que sur icelle il soict informé,

affin que, líinformation faicte, il se puisse pourvoir pour le

deub de sa charge ainsy quíil verra estre à faire. Signé de Ladiendy,

procureur du roy. Avons octroyé acte de lad. plaincte,

 

- [fol. 1 v] - ordonné que du contenu en icelle il en sera informé, en

nous administrant tesmoingts par led. sieur procureur du roy.

Faict à Sarlat, par devant monseigneur Grezel lieutenant asseseur

en Périgord, le vingt huictiesme mars mil six cens cinquante trois.

 

Information secrètement et à part faicte

en la ville et citté de Sarlat par nous, Anthoine

de Grezel, conseiller du roy, lieutenant particulier, assesseur

criminel et commissaire examinateur en la séneschaucée

et siège présidial de lad. ville, à la requête du procureur du roy

au présent siège, demandeur en excès contre maistres Michel

Marcel, Jehan et George Faiol, père et fils, et ce avec les

tesmoingtz cy après nommés et produictz de la part dud. sieur

procureur du roy, lesquels moyenant serement par un

chascun díeux faict et presté aux Sainctz Dieu Evangilles,

ont promis et juré de dire vérité, ont dict et dépposé

comme cy après est contenu par leurs deppositions, aud.

Sarlat, par devant que dessus, les jour, mois et an susd.

 

Premièrement, Heliès du Sartre, dict Duchaine,

sergent dans la compagnie de la mestre de camp

du régiment à présent de Périgord et cy devant appellé de

Marchin, ladicte compagnie commandée par le sieur de

Lanauze, cappitaine, natif ledict du Sartre du bourg de

Sescaud, jurisdiction de Ligeras au pays de Béarn,

estant à présent dans la présent ville et à la suitte de lad.

compagnie, eaigé de trente deux ans ou environ,

tesmoing adiourné et à nous produict de la part dud.

sieur procureur du roy, lequel, après serement par luy

faict et presté aux Sainctz Dieu Evangilles, a promis

et juré de dire vérité.

 

Interrogé sur la cognoissance des partyes et

autres interrogatoires généraux et de droict;

 

Dict cognoistre ledict sieur procureur du roy,

ensemble ledict Marcel sieur de Puyrozier cy devant

 

- [fol. 2] - consul pour les avoir veux diverses fois

et non lesd. sieurs Faiols et níestre parant, ailhié,

famillier, domestique, solliciteur ny entremetteur

de leurs affaires.

 

Interrogé sur le contenu en la plaincte dud.

sieur procureur du roy;

 

Dict et dépose du contenu en la plaincte

que, lors du siège de la présent ville et le

dernier jour de lían passé, estant luy qui déppose

commandé dans la tranchée par le sieur de Marchin,

dans le temps quíon donnoit sur la bresche qui

estoit faicte, environ les quatre ou cinq heures

du soir, luy qui deppose vid venir le long du chemin

qui conduisoit du costé où estoit la petite batterie,

venant au fauxbour de la rue, deux hommes de

la présent ville, à luy qui deppose, pour lors incogneus,

qui estoient conduictz par le sieur Brin maior des

Hirlandois, lesquels demandoint de parler au sieur

viscomte díAubeterre, lequel sieur viscomte ayant

esté rencontré en compagnie du sieur de Campagniac

et autres mareschaux de camp et autres officiers de líarmée,

assemblés près díun jardin dans lequel y a un cabinet

couvert de loriers, un peu au dessus dud. fauxbourg,

pour faire líattaque de lad. ville, lesd. hommes, líun

desquels estoit led. Puirozier, ce quíil sçait pour líavoir

veu ainsin appellé en ce temps par led. sieur díAubeterre

et pour líavoir veu despuis en lad. ville, parla audict sieur

díAubeterre de quelques parolles de rallierie indifférentes,

et, sur ce, led. sieur de Marchin qui estoit aussi aud. lieu

ayant appellé led. Puirozier, il entandit quíil disoit

aud. sieur de Marchin que lesd. habitans estoint animés

et résolleus de se deffandre, mais que, síil luy vouloit

donner deux jours on adviseroit ce que líon auroict à faire;

à quoy ledict sieur Marchin respondict quíil ne luy

 

- [fol. 2 v] - voulloit donner que deux heures ou jusques à

minuict au plus, après quoy ledict Puyrozier

ayant demandé cessation jusques au poinct du

jour, auquel temps il promettoit de luy randre

responce, ledict sieur Marchin et Puirozier, avec

les susd. officiers, se sereoint retirés à part et

conféré avec led. Puyrozier et cest autre qui

estoit avecque luy; ne sçaict luy qui deppose

les discours quíils eurent ensemble, par ce quíil

feust commandé ailheurs; bien ouyt dire dans

lad. tranchée que le sieur de Campagniac debvoit entrer

lad. nuict dans la présent ville; et plus níen dict,

dheuement enquis; et a signé. Ainsin signé Heliès

du Sarte, depposant.

 

Maistre Jehan de Bars, grand archidiacre en líesglise

cathédralle de la présent ville et y habitant,

eaigé de trente huict ans ou environ, tesmoing

adiourné et à nous produit de la part dud. sieur

procureur du roy, lequel, moyenant serement par

luy faict et presté aux Sainctz Evangilles, a promis

de dire vérité, la main mise sur sa poictrine.

 

Interrogé sur la cognoissance des partyes

et autres interrogatoires généraux et de droict.

 

Dict icelles cognoistre et níestre parent, ailhé,

famillier, domestique ny solliciteur díaucunes

díicelles.

 

Interrogé sur le contenu en la plaincte dud. sieur

procureur du roy;

 

Dict et deppose du contenu en lad. plaincte

 

- [fol. 3] - que, le dernier jour de lían, pandant que la présent

ville estoit assiégée par líarmée de Monsieur le

Prince, commandée par Marchin, luy qui deppose

estant dans le chasteau de Montfort éloigné

díune petite lieue de ceste ville, receust un

pacquet par le messager nommé Rabinaud,

de la présent ville, qui venoit de líarmée, dans

lequel y avoit quatre lettres missives, toutes

onnestes, que led. messager dict avoir esté ouvertes

par le sieur de Monferrand passant par Cancon, líune

desquelles lettres estoit du seigneur de Sauveboeuf, adressante

aux consuls de ceste ville, líautre díUbel, recepveur

des tailles, aux mesmes consuls, et les autres,

deux de quelques officiers de líarmée desquelz il

nía rettenu le nom, lesquelles lettres ayant -luy

qui deppose- leues, du désir quíil avoit de sçavoir sy

le secours qui debvoit dellivrer ceste ville

síapprochoit, il trouva que la lettre dud. sieur de

Sauveboeuf estoict conceue en tels ou pareilz termes:

" Messieurs, vous ne debvés pas doubter que je ne

vous secoure; lorsque jíay receu la vostre, Monsieur de

Candalles ne síest pas trouvé icy; je luy despeche

tout présantement un des miens; cepandant, attandant

de ses nouvelles, je prépareray les trouppes, affin

díestre prestes dès son retour en ce lieu, pour nous

en aller à grands pas vers vous; cepandant, faictes

ce que des gens de bien et díhonneur doibvent faire.

Vostre très affectionné serviteur, Sauveboeuf ". Quoy voyant,

luy qui deppose, le reffus que led. messager fist

de síen venir porter ceste lettre, luy mesme partit,

une heure avant jour, et, prenant autre prétexte,

alla au cartier dud. sieur de Marchin, pour trouver

commoditté de faire tenir ces lettres aux sieurs consuls,

où, ayant rencontré les sieurs de Leygue, archidiacre

en líesglise cathédralle de la présent ville, le sieur de

Laborie, prévost en la mesme esglise, Mailhac, conseiller,

Javel, médecin, et les quatre consuls qui estoint alors,

luy qui deppose tira à part Michel Marcel sieur de

Puirozier, conseiller et second consul, auquel il dellivra

 

- [fol. 3 v] - ledict pacquet et luy dict quíil contenoit des

bonnes nouvelles et promesse de secours, et

quíil venoit de voir la bresche, que cella níestoict

pas grand chose, sur quoy led. Puyrozier ayant

receu lesd. lettres, seroit retourné trouver la

compagnie où il estoit auparavant, composée desd.

sieurs sus nommés et du sieur de Campagniac et

de plusieurs autres officiers de líarmée et plus

níen dict et a signé. Ainsin signé J. de Bars.

 

+Du neufiesme de juin aud. an, par nous que dessus.

 

Jehan Colon, fils à Thevé Colon, tailheur, habitant

de la présent ville, eaigé de vingt deux ans ou environ,

tesmoing adiourné et produict de la part dud. sieur

procureur du roy, lequel, moyenant serement par

luy faict et presté aux Sainctz Evangilles, a promis et juré de dire vérité.

 

(....)

 

Enquis sur le contenu en la plaincte dud. sieur procureur du roy:

 

Dict du contenu en la requeste et intendit,

que, le jour de la Noël dernier, que la présent ville

feust attaquée par líennemy, le sieur de Puirozier,

qui estoit pour lors second consul, auroict prins

luy qui deppose pour le suivre et estre auprès de

luy dans ses (sic) occasions, ce quíil fist, et vid, luy qui

deppose, que, le mardy ensuivant qui estoit le

dernier jour de lían dernier, quíaprès que líassault feust

donné par les ennemis et quíilz feurent repoussés

par les habitans, et environ une heure de nuict,

 

- [fol. 4] - allant au premier jour de líannée présante,

que ledict sieur de Puirozier alla à la porte de

Lendrevie où lui qui deppose líaccompaigna,

et, estant entre les deux portes, il se trouva plusieurs

habitans, entre autres le sieur de Brousse, présidant,

Sainct-Clar, consul, et le sieur de Bonet, aussi consul,

lesquels conférèrent ensemble; et après, lesd.

sieur de Puirozier et de Bonet consuls voullant

sortir de lad. ville pour aller parler aux ennemys,

ledict sieur de Puirozier vouleust emmener lui

qui deppose, qui portoit un flambeau pour les

esclairer, mais led. sieur Bonnet luy dict de

demeurer parce quíil níestoit pas besoin quíil sortict,

-ce que led. qui deppose fict- et lesd. sieurs

sortirent et allèrent parler hors de lad.

ville aux ennemys, où ilz demeurarent líespace

díune heure et demie, et après, estans de retour,

led. sieur de Puirozier síen alla dans la chanonie de

camps où lui qui deppose líaccompagnia; qui

est tout ce quíil a dict sçavoir et a signé. Ainsin signé Jean Colon.

 

Du dixiesme de juin an susd; et par devant

que dessus.

 

Maistre Jehan Javel, docteur en médecine,

habitant de la ville de Sarlat, eaigé de cinquante

ans ou environ, tesmoing adiourné et à nous

présanté de la part dudict sieur procureur du roy,

et par nous assesseur susdict, receu, ouy

et examiné, moyenant serement par luy faict (...)

 

- [fol. 4 v]-

 

Enquis sur le contenu en la plaincte dudict sieur procureur du roy:

 

Dict et deppose que, le premier jour de la présent

année, environ les huict heures du matin, le sieur Bonet,

advocat du roy au siège présidial de lad. ville et líun

des consuls díicelle, auroit prié luy, que deppose, díaller

avec le sieur de Nailhac en ostage au lieu de Garaniac

où estoit Marchin, qui avoit assiégé la présant ville,

sur lequel commandement, qui venoit díun consul, led.

sieur qui deppose seroit sorty, pressé derechef avec le

sieur Mailhac, et, estant à la sortie de la ville aux barrières

de Laudrevye, ilz trouvarent deux ostages du party des

ennemys qui attandoint pour entrer dans la ville,

sçavoir le sieur des Banes et de Lissagne, et, síestans

rencontrés, led. sieur de Mailhac et led. sieur dépposant auroint

esté conduictz aud. Garaniac, où estoit led. Marchin,où, ayant

demeuré jusques sur líheure de midy, seroient arrivés

audict Garaniac le sieur Puirosier, conseiller au siège

présidial et consul, avec le sieur de Bonet son collègue et

quelques autres habitans de la présent ville, lesquels,

estans dans le préd du sieur lieutenant général, auroict

apperceu de deux pas de lui, que le sieur de Banes, grand

archidiacre de líesglise cathédralle de la présent ville,

qui estoict arrivé aud. lieu, dellivra quelques lettres

au sieur Puirosier, ce qui auroict obligé ledict sieur depposant

de síapprocher dud. sieur Marcel, auquel luy qui deppose

auroict dict " Vous avés receu des lettres, voyons

que cíest "; à quoy le sieur Marcel auroit respondeu quíil

ne pouvoit les ouvrir ny les voir parce quíil y avoit

trop de gens ez environs, et líayant encore pressé de

voir le contenu des lettres et se mettre à líescart

affin de voir síil y avoit espérance de secours ou quelque

chose à faire pour la communauté, luy représantant quíen

ce cas líon avoit un jour de gaigné, ledict Puirosier

luy respondit quíil síen alloit à la ville lire en plein

conseil les lettres qui luy avoint esté rendues, ce que

ledict sieur depposant auroict creu estre faict; et longtemps

après, estant tousiours audict lieu de Garanjac, attandant

 

- [fol. 5] - des nouvelles de ceste lettre, luy qui deppose feust

grandement surprins lorsquíil entandict dire que

les ennemys estoint entrés dans la ville par

composition, et sur le tard, ledict sieur qui deppose se

seroit retiré dans la ville, et le lendemain

suivant, au matin, se seroit informé si le sieur Puirosier

auroit présenté lad. lettre au Conseil avec les

principaux habitans de lad. ville, qui auroint dict

níen avoir poinct ouy parler; et ayant encore dict à

plusieurs habitans que le sieur qui deppose auroict

veu dellivrer lad. lettre, on en auroit meurmuré, et

quelques jours après, led. sieur qui deppose, ayant

esté appellé au chasteau du Peuch avec le sieur

Miquel, médecin, et Pouch, appoticaire de Saint Cyprien,

pour traicter la dame de Campagnac qui estoit

malade, síestant entretenu avec le sieur de Campagnac,

en présence de Jehan Selves et de Lagorsse et autres, sur

le subiect de la prinse de lad. ville et de la lettre

que le sieur Javel avoit veu dellivrée au sieur

Puirosier, le sieur de Campagnac auroit dict tout

hault, en présance des sus nommés, que led. Puirosier

luy auroit mis en main au lieu de Garanjac lad. lettre

díabort quíil líeust receue, et que, tout

incontinant après, ledict sieur de Campagnac líauroit

portée au sieur Marchin qui líauroit leue, et que

cíestoit une lettre qui venoit de la part de Monsieur

de Sauveboeuf, qui contenoit en propres termes:

" Chairs amis, vous avez esté tousiours bons

serviteurs du roy, vous

níavés pas besoin díestre sollicités de luy tesmoigner

vos fidellités dans ceste rencontre; tenés bon,

je seray à vous dans quatre jours "; et, ladicte

lettre ayant esté leue par led. Marchin, led.

sieur de Campagniac líauroit retirée et remise

ès mains dud. Puirosier, ce que led. sieur qui deppose

a despuis declairé souvant, tant en lad. présent

ville, à tous les habitans, quíailheurs où il

síest rencontré; et, quelque temps après, les

ennemis estans en guarnison dans lad.

 

- [fol. 5 v] - ville, ledict sieur de Campagniac y estant

venu, et aiant rencontré led. sieur qui deppose

devant la maison du sieur de Laporte, advocat, led.

sieur de Campagnac auroit dict aud. sieur qui deppose

quíil luy auroit faict une grande querelle

díavoir publié dans la ville ce quíil luy

avoit dict au Peuch touchant ce dessus, et que

le sieur Puirosier le fairoit appeller en duel;

à quoy ledict sieur qui deppose respondit quíil

níavoit dict que la vérité, ce qui feust dict en

présance de la damoiselle de Laporte; et ce dessus

a dict contenir vérité, et plus níen dict et a

signé. Ainsin signé de Javel, depposant susd.

 

Du neufiesme díaoust aud. an,

et pardevant qui dessus.

 

Pierre Deydier, tisserant, demeurant

en la présant ville, au service du sieur présidant

Brousse, habitant du village de Viallars, eaigé de

trente trois ans ou environ, tesmoing adjourné

et produict de la part dud. sieur procureur du roy,

et par nous assesseur susdict, receu, ouy

et examiné, moyenant serement par luy faict

et presté aux Sainctz Dieu Evangilles, promis et

juré de dire vérité.

 

(......)

Interrogé sur le contenu en la plaincte

dudict sieur procureur du roy;

 

Dict et deppose que, demeurant au service

 

- [ fol. 6] - de maistre Guabriel Vallette, juge de Carssac, quíil

y a six mois ou environ, que luy qui deppose,

allant par le commandement de la damoiselle,

femme dudict sieur juge, au chasteau du

Peuch, appartenant au sieur de Campagniac,

visiter ledict juge, luy porter des lettres

et díautres fois des présans quíon faisoit

audict sieur de Campagniac, par ce que led.

sieur juge síestoict reffugié dans led.

chasteau à cause du procès criminel

quíil avoit contre le sieur de Moncalou, luy

qui deppose a veu par diversses fois maistre

Jehan Faiol recepvant des décimes aud.

lieu du Peuch, où il demeura quelque temps

avant la prinse de la présant ville, et encore

a veu luy qui deppose led. Faiol dans

le chasteau de Campagniac, proche la présant

ville, où il faisoit porter les meubles

quíil avoit dans icelle ville, ne scaict luy

qui deppose pour quel subiect ledict Faiol

demeuroit ausdictz chasteau du Peuch

et Campagniac; bien se souvient díavoir

porté des lettres une ou deux fois,

comme luy semble, de sa part à la damoiselle de

Faiol, sa femme, en la présent ville; qui est

tout ce quíil a dict scavoir; et nía signé,

pour ne scavoir, de ce interpellé.

 

Du vingt troisième aoust aud. an,

et pardevant qui dessus.

 

Maistre Anthoine de Saint Clar, conseiller esleu

en líeslection de la présant ville, et y habitant,

eaigé de quarante ans ou environ, tesmoing

adiourné et produict (...) et par nous, lieutenant assesseur,

 

- [fol. 6 v] - susd. receu, ouy et examiné (...)

 

 

Interrogé (...):

 

Dict quíau mois de novembre dernier

et sur la fin dud. mois, comme luy semble,

luy qui deppose, en compagnie des sieurs

de la Dieudye, procureur du roy, de Maraval, sieur

du Cambon, de Saint Clar, contrerolleur en líeslection,

maistre Anthoine de Cordis, sieur de Viniès,

allarent tous ensemble se promener, et,

aians prins leur promenade du costé de Campagniac,

par curiosité entrarent dans la maison

pour la voir, croyant que personne ne

líhabitoit; où estans, ilz trouvarent maistre

George Faiol, présidant au siège présidial

de la présant ville, et maistre George Derupe,

oncle et nepveu, qui se promenoint dans

la cour de lad. maison; et, aiant luy qui deppose

et ceux de sa compagnie, veu ladicte maison,

quelque quart díheure après, seroint arrivés

aud. lieu les sieurs de Campagniac et

le chevalier, frères, et leur aiant, luy qui

deppose et autres, dict quíils estoint venus

 

- [fol. 7] - audict lieu pour se divertir, ne croyant

pas que lui ny autres de leurs maisons

y feussent, ledict sieur de Campagniac, après

quelques parolles de complimens, síadressa

audsdictz Faiol et Derupe, et, les aiant

tirés en particulier à líescart dudict depposant

et autres, auroint demeuré en conférance

líespace díune heure, de sorte que lui qui

deppose et autres, auroint prins congé

et se seroint retirés, et laissé lesdictz

Faiol et Derupe dans led. chasteau avec

lesdictz sieurs de Campagniac frères;

et plus níen dict, et a signé. Ainsin signé,

Sainct Clar depposant susdict.

 

Du vingt sixiesme aoust an susd., (...).

 

Maistre Louis de Maraval, sieur de Cambon,

présidant en líeslection de la présant ville, eaigé

de trente cinq ans ou environ, tesmoing adiourné

et produict [...]

 

Interrogé ...

 

- [fol. 7 v] - Dict et dépose quíenviron le mois de novembre

de líannée dernière, estant sorty hors de la

ville, luy qui deppose auroit rencontré messieurs

de la Dieudye, procureur du roy, de Cordis, chanoine

en líesglise cathédralle de la présant ville, de Cordis, sieur

de Viniès, de Sainct Clar, esleu, de Sainct-Clar, contrerolleur,

qui, tous ensemble, prindrent le chemin de Lendrevie

pour se promener, et quelquíung díentre lesdictz

sieurs auroit dict de monter jusques à Campagniac,

quíil níavoit jamais veu ceste maison et ce

seroit aultant de promenade, à quoy toute

la compagnie acquiessa; estans arrivés audict

lieu de Campagniac, ils auroint veu dans la

cour dud. Campagniac le sieur Faiol, présidant

présidial, le sieur de Campagniac níestant

point dans sa maison et ne líhabitoit pas,

faisant son séjour ordinaire au Peuch; néantmoins,

il arriva audict lieu de Campagniac ung

moment après que luy qui deppose et autres

y feurent arrivés, et, ayant demeuré quelque

peu de temps, luy qui deppose se retira avec

lesdictz sieurs, et laissé (sic) audict lieu de Campagniac

ledict sieur Faiol, présidant, ne sçaichant pourtant

quíest ce que ledict sieur Faiol faisoict aud.

lieu, ny à quelles fins il y estoict venu; et

plus níen dict et a signé. Ainsin signé

Maraval déposant.

 

Du dix huictiesme septembre an susd.

et pardevant qui dessus.

 

Pierre Cilliac, laboureur, demeurant au

 

- [ fol. 8] - lieu de Pechauriol, bouriage de la Marquayssonie,

parroisse de la présant ville, aigé de cinquante ans

ou environ, tesmoing adjourné [......]

 

Dict et deppose sur la plaincte et

intendict dud. procureur du roy, que, pandant

le temps que la présant ville estoict

déttenue par les ennemis du roy, le sieur

de Saint Clar, consul, auroit donné à lui

que deppose des lettres, pour les porter

par les parroisses voisines en la guérenne

du seigneur evesque de la présant ville, pour

avoir des boeufs et charrettes qui portassent

les arbres qui avoint esté couppés dans

lad. guérenne de la présant ville pour faire une

palissade dans les fossés, et, estant

allé pour cest effect en la maison de Campagniac,

 

- [fol. 8 v] - il auroit esté conduict dans une chambre

basse de lad. maison de Campagniac, derrière

la cuisine, dans laquelle chambre il auroict

rencontré maistre Jehan Faiol, procureur et recepveur,

qui escripvoit sur une table de lad. chambre,

auquel Faiol ayant faict voir les lettres

quíil portoit, led. Faiol luy dict que, pour

avoir lesd. charrettes, il se debvoict adresser

aux collecteurs des tailhes qui estoint

au village de Rouquailh; quoy ouy par lui

qui deppose, síen seroit allé aud. lieu de

Rouquauil, et laissé led. Faiol dans

lad. maison de Campagniac; dict de plus

que, síestant trouvé au travailh, il y a

quinze jours ou environ, avec le nommé

Pierre Cambajou, meytaier dud. Faiol de

son bouriage de la Cournèges, il lui

auroit dict quíavant le siège de la

présant ville, ledict Cambaiou auroict

prins grand peyne à transporter les

vivres et meubles que led. Faiol y

avoit, et led. Cambeiou lui auroit

respondeu que les boeufs et charrestes de

la meytéries dudict Faiol níavoint jamais

esté en repos, et quíelles avoint porté lesd.

vivres et meubles avant led. siège, partye

au chasteau de Commarque, et líautre partye

à Campagniac, líautre à Marquays et à

Puimartin; qui est tout ce que a dict scavoir, et

nía signé, pour ne scavoir.

 

De Grézel, lieutenant.

Richard, greffier.