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CHARLES LOUIS MANGOLD
ALIAS "BROSSARD" ALIAS "COMMANDANT VERNOIS" |
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Cest dans la clandestinité que Charles Mangold devint le Commandant
VERNOIS. Accepté par tous comme le Chef Indiscutable, comme le frère de combat
unanimement respecté, VERNOIS fut reconnu comme le responsable de lArmée Secrète
de notre Département. Sa fine silhouette, son bon et franc sourire, ses énormes
compétences, son inlassable dévouement, en ont fait lâme de lArmée
Secrète dans toute notre Région. Obligé dabandonner sa situation civile, perpétuellement traqué, sa tête mise à prix par la Gestapo, les Allemands souvent sur sa piste, ne parvenaient pas à larrêter, Alors, quimportait !... Malgré toutes les embûches, en effet, le Commandant Vernois continuait le combat et intensifiait même son activité. Pourtant, le 7 Août 1944, la chance tourne.Les soldats nazis, ceux-là même que Vernois haïssait par-dessus tout, patrouillent sur la route de Bordeaux. Venant vers Périgueux, Vernois est arrêté entre Razac-sur-lIsle et La Cave. Très vite reconnu par les Nazis, Vernois est emmené à pied jusquà Chamiers, où Il sera gardé à vue dans une épicerie, en attendant que la sinistre Gestapo, alertée téléphoniquement de sa capture, vienne le prendre. |
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Conduit au 35e, Vernois subit des sévices innombrables.
Questionné, Il refuse de parler. Alors les coups pleuvant. La torture commence. Vernois
ne dit rien, les supplices nouvrent pas sa bouche. Enfermé dans une cellule,
souffrant terriblement, mais refusant de voir son corps souillé par les balles du peloton
dexécution nazi, le Commandant Vernois souvrit les veines à laide
dune boîte de conserve, avec lespoir de mourir ainsi en toute fierté.
Alertés, ses geôliers ne lui permirent même pas la mort quil avait choisie.
Ligaturant ses bras, ils le ranimèrent dune piqûre et le conduisirent
immédiatement au poteau dexécution. Une rafale, et VERNOIS, héros de la
Résistance, payait son tribut à la Liberté et à la France. Son fils, à son exemple, faisait lui aussi partie de la Résistance en Dordogne. Après la Libération, la Municipalité de Périgueux reconnaissante, honorera ce héros de la Résistance disparu, en donnant son nom à lancienne Rue du Lycée. |
| Témoignages recueillis et texte de René AUXERRE, Trésorier Départemental de lA.N.A.C.R., in « La Voix de la Résistance en Dordogne », n° 3, février 1971, p. 2 |
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GUILLAUME CHAPDEVILLE |
Il reste à tous gravé dans notre mémoire, le nom de cet instituteur
trapu, plein de malice, dune intelligence raffinée et dune grande érudition
: notre ami, le défunt Guillaume CHAPDEVILLE.
Il est né le 1er mai 1897, à Badefols dAns, en Dordogne, et sans doute a-t-il
toujours été influencé par lanniversaire de cette date du 1er mai,
tradition et rappel des luttes ouvrières.
Chapdeville a toujours été, durant sa vie, en lutte pour la Justice, la Paix et
lindépendance, depuis son plus jeune âge.
Il fait des études brillantes à lEcole Normale dinstituteurs de Périgueux
doù larrache la guerre de 14-18, au cours de sa 3e année. Pacifiste,
persuadé de linjustice de la guerre, qui rapporte à ceux qui ne la font pas et
ruine ceux qui la font, il fit, comme tous ses amis enseignants, tout son devoir avec
courage et stoïcisme. Il est titulaire de la Croix de Guerre.
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Redevenu civil, Guillaume Chapdeville se consacre à la Paix. On le voit dans toutes les organisations qui viennent en aide et soutiennent les opprimés. Il adhère au Parti Communiste dès sa formation.Envoyé au Maroc comme instituteur, là aussi il lutte aux côtés des opprimés, ce qui lui attire des ennuis et brimades. Il nen reste pas moins fidèle à son idéal, et nous savons que le Général Lyautey rendit un curieux hommage à son courage. Mobilisé en 1939, démobilisé en juillet 1940, il naccepte pas la défaite. Les organisations où il militait sont dissoutes. Il se consacre alors à la Résistance, il organise des groupes clandestins, fait des collectes pour les patriotes emprisonnés, rédige des tracts appelant à la lutte contre loccupant et ses complices de Vichy ; il est à la tête dun service de renseignements très étoffé. |
Il croit savoir que le Colonel qui commande le 26e
Régiment dinfanterie, stationné à Périgueux, ne partage pas les idées de
collaboration prônées par certains de ses chefs. En novembre 1941, il veut avoir un
entretien avec lui et mettre ses camarades clandestins sous ses ordres, mais il avertit
les siens au cas où, sétant trompé, il ne reviendrait pas.
Le Colonel est un Résistant authentique, un vrai Militaire, qui naccepte pas
lhumiliation et, à partir de ce jour, on verra souvent Chapdeville, avec son
inséparable pipe, se rendre à lancienne Gendarmerie, Place Francheville à
Périgueux, pour élaborer des plans de Résistance contre loccupant en vue de la
Libération de la Dordogne et de notre Pays.
En Novembre 1942, le 26e qui, le 11 Novembre, avait pris position aux portes de
Périgueux pour résister aux Allemands qui envahissaient la zone dite libre, est dissout
par ordre de loccupant.
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Chapdeville, tel le « Père Tranquille », continue inlassablement son combat, aidé par son gendre, Pierre Lanxade. Il établit, sur une grande échelle, les fausses cartes didentité, camoufle bon nombre dillégaux et de réfractaires dans des fermes amies. Son réseau est très étendu, très prudent sa grande et vraie activité nest pas, jusquici, soupçonnée.Il organise des réunions clandestines et, cette même année, en pleine occupation, il est à la tête dune manifestation de la Rue de la République à la Place de lHôtel-de-Ville. On pense quil a pu en être linstigateur mais, faute de preuves, il ne peut être que déplacé. Il est nommé instituteur au hameau de Ladignac-le-Long, près de Saint-Yrieix, en Haute-Vienne. Il ne perd pas de temps et se met en relations avec les Résistants, sur place, et avec ceux de la Corrèze, toute proche. |
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En liaison également avec Eugène CONANGLE, ex - « MARTIAL », originaire comme lui de la Dordogne, ces deux amis retrouvés forment bientôt lEtat-Major des Francs-Tireurs et Partisans de la Corrèze. Il est Commissaire aux opérations de ce Département, où son esprit dinitiative, dans la lutte contre loccupant, donne une impulsion nouvelle. Avec ses camarades, il organise la Résistance Armée, et tous ceux qui lont connu à cette époque se souviennent de ses passages dans les détachements au Maquis, de ses conseils éclairés le soir sous la tente, au milieu des bois, entouré de tous ces jeunes et ardents volontaires, avides dapprendre et de retenir les leçons si utiles de ce « Responsable » plus âgé, mais qui serait pourtant resté si près deux, avec toute sa jeunesse et vivacité desprit, imprégné de tant de fraternité pour ceux qui partageaient ce même et grand idéal au service de notre Pays et de la Liberté. Il revient en Dordogne clandestinement, grâce à sa clairvoyante énergie. Grâce aux efforts quil déploie, en liaison avec tous les mouvements de Résistance, la Libération de la Dordogne est proche. |
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Son gendre, Pierre Lanxade,
membre de lEtat-Major des Forces Françaises de lIntérieur de la Dordogne,
tombe le 29 Juin 1944 sous les balles de lennemi, au « Moustier »,
laissant trois jeunes enfants. Cette perte va latteindre cruellement. Au lendemain de la Libération de Périgueux, il est nommé, par toute la Résistance unanime et unie, Président du Comité Départemental de Libération. Il accueille cette haute distinction avec émotion et avec cette attachante modestie qui fait de Chapdeville une des plus belles figures de la Résistance de notre Région. Comme par le passé, dans ces fonctions, il joue encore un grand rôle dans lorganisation militaire et politique de notre Département, jusquà la Victoire du 8 Mai 1945.Eloigné du Périgord, une cruelle maladie devait lemporter prématurément, mais ses camarades de combat garderont de ce grand Résistant un impérissable souvenir. |
Témoignages recueillis et texte de Samson ROCHE, ex-« COCO». Secrétaire du Comité de Périgueux, in « La Voix de la Résistance en Dordogne », n° 7, février 1973, p. 2 et p. 7